Rechercher dans ce blog

samedi 24 septembre 2016

avec le temps...

Elle a de l'assurance, parle haut et clair "Ah ! non, toute ma vie, j'ai résisté au chien pour pouvoir partir en vacances, ce n'est pas pour, maintenant, aller mettre des gouttes trois fois par jour dans les yeux de ma mère."

dimanche 18 septembre 2016

de la mort

- Si c'était possible, j'aimerais bien qu'on répande mes cendres sur la mer.
- Oui, mais nous, comment on va faire pour fleurir tout ça ?

vendredi 16 septembre 2016



 La vie est passée Georges L. Godeau

LA FEMME A GASTON

Son mari est mort l'an dernier. Elle s'ennuyait tant qu'elle a souscrit un voyage de deux mille kilomètres. À soixante-dix ans, vaillante, elle porte sa valise, elle prend l'ascenseur, elle monte. Dans sa chambre, palais de glaces, elle fait un brin de toilette et descend pour le souper. Mais elle n'a pas encore l`habitude. En voyage en groupe, c`est à celui qui arrivera le premier pour une place à table.
Elles sont toutes prises. Debout, la petite femme souffre. Et Gaston n”est plus là pour l`aider. Un homme, près d'elle, a vu le naufrage. Il se lève et propose sa chaise. Blême, elle hésite et refuse. Dans son pays, on ne prend que ce qu'on a gagné.

dimanche 11 septembre 2016

héritage

plus de rentrée pour elle, la voilà à la retraite, virevoltante, fébrile, du mal à se séparer, Ces livres-là ça t'intéresserait pas ? puis arrêt brusque, tiroir ouvert précipitamment, une jubilation, ça y est, elle sait ce qu'elle va me donner Je les avais eus en promo, certains n'écrivent pas, tu feras le tri dans le tiroir, des dizaines de stylos rouges

mardi 6 septembre 2016

8h30

Un braillement à vous déchirer les tympans. Balcon. En bas, un tout jeune enfant. Un petit sac bat ses épaules. Elle le tire en avant, il la tire en arrière. Une progression en zigzags, une avancée par bonds. Septembre. La rentrée. Il s'habituera.

dimanche 4 septembre 2016

"... l'été dont le débraillé entraîne au dégoût..."

Pierre Autin-Grenier

Dimanche 4 septembre
Sainte Rosalie 
 
     Contrairement à l'été dont le débraillé entraîne au dégoût, l'automne nous encourage à côtoyer l'étrange. On fréquente à nouveau les bars aux murs de crépi jaune. On y parle à mots couverts ; dans la fumée des cigarettes et la lumière diffuse des plafonniers, on croit voir entre deux verres le temps passer à reculons.Dehors, qu'un vent légèrement fou ébruite de fausses nouvelles parmi les feuilles déjà froissées des platanes et ce sont dès le lendemain de solides certitudes qui courent les rues de la ville ! Au sommet du mot Ventoux, on aperçoit certains matins de fabuleux navires de brumes qui appareillent pour le vide et dont les immenses voilures longuement remuent le fond du ciel. Oui, tout redevient possible en septembre car même l'invraisemblable soudain peut s'apprivoiser.

mardi 30 août 2016

"on a perdu l'honneur de notre métier"

Pays Basque, un gîte à l'heure du petit déjeuner, elle se redresse, vous regarde droit, on est paysans, et le mot claque, paysan, la force d'un titre, elle poursuit on est en GAEC, on s'arrange pour les vacances, juste une semaine, ce qu'on fait ? des laitières, une centaine, c'est devenu dur, on n'est plus que des gestionnaires de primes, ça a pas de sens, sûr, on a pas poussé nos fils à reprendre, on a perdu l'honneur de notre métier