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samedi 14 avril 2018

un désir de croire

au funé, huit jours ont passé, le cercueil va être refermé, dans quelques heures la cérémonie, elle parle parle, être là, voir affluer le  souvenir de ceux qui nous ont quittés, vous vous penchez sur le corps, une larme s'égare sur son visage, Tu as vu, sa voix se fait presque joyeuse, un espoir fou, regarde, là, au coin de son œil, incroyable, on dirait qu'elle pleure,  se ravisant, le rationnel quand même, Remarque peut-être ils les maquillent comme ça pour que ça fasse plus vrai

mardi 10 avril 2018

récupérer (9)

oui, elles sont bien les vestes de la poste, solides, mais ils ne les ont pas comme ça mais qu'est-ce tu crois, ils se les payent, maintenant qu'il a pris sa retraite, il en a plus besoin

lundi 9 avril 2018

une matinée d'écriture avec Amandine Monin (4) : exercices

 "un jeu de fragments et chaque fragment éclaire quelque chose qui n'est pas écrit" Amandine Monin


p 1
Un même silence de pierre devant l'enfance

p 8 et 9 ici


p 10 éloge
Eloge
                        modeste et doux
                        creux de votre main
                        le soupeser
                        une densité
                        épouser ses contours
                        légère faille ici
                        la suivre du doigt
                        rêche et granuleux là
                        le porter à votre joue
                        caresse
p 11

le prendre avec soi

                        esquisser
                          esquiver

              un entre-deux

p 12
imaginer une quatrième de couverture : C'est l'histoire de............

                           C'est l'histoire d'un paysage
                                      qui aurait du mal à se dire
                                           et qui se construirait pierre à pierre.

mercredi 4 avril 2018

une matinée d'écriture avec Amandine Monin (3) : exercices


lister des "Je me dis"

p 8

Je me dis que
                         c'est bon de
                                                       sentir
                                                                         sa respiration
                                  il faudrait
                                                                                   approfondir
                                       j'aimerais
                                                                                         mieux regarder
                                                je vis
                                                                      traversée                    
                                                                                                     de rêves

                                               il y a pire lieu qu'un jardin de mots
                                                       mes os me survivront
                     

rebondir à partir de l'un des "je me dis que..."

p 9 

elles chuchotent
          murmurent,
          bruissent,
          rêvent,
         se taisent aussi
                                            les pierres

mercredi 21 mars 2018

un dimanche à la ferme








un chat s'étire au soleil, les manech rentrent à la bergerie, les unes par le pré au vieil acacia, d'autres par le pont sur la rivière, Marcel le jars parade avec sa petite famille auprès de sa blanche compagne parade, un veau vient de naître, du foin, des odeurs, tendresse

dimanche 18 mars 2018

au funé

la voilà apprêtée,
ce masque son denier visage,
elle encore ?
se pencher,
l'effleurer de son souffle,
la dévorer des yeux,
temps de l'adieu,
perlant à ses cils,
saisissante,
abandonnée,
une larme

jeudi 15 mars 2018

Ronde (27) : dialogue(s)

La ronde est un échange périodique de blog à blog sous forme de boucle, mis en ligne le 15 du mois. Le premier écrit chez le deuxième, qui écrit chez le troisième et ainsi de suite. Sur le thème de dialogue (s), j'ai le plaisir aujourd'hui d'accueillir Jacques tandis que je me décale vers  Dominique Autrou de La Distance au personnage


***

- (…) je crois que dans ce prétendu hasard il y a un ordre, une grammaire que nous ne saurons jamais déchiffrer : un ordre dans le frémissement de l’herbe et les feuilles de chêne balayées par le vent, un autre dans la mouvante architecture des nuages (cette manière dont les lambeaux de vapeur tournent et s'agrègent, se conjuguent, puis s’échappent) et aussi un ordre dans la circulation des ombres à travers le jardin, ...
- un ordre ! mais qui ordonne ?

- je ne sais pas : Dieu ou le hasard mais intuitivement je ne crois pas au hasard ; alors est-ce que nier le hasard serait reconnaître l’existence d’un dieu, je ne sais pas… Prends ça comme tu veux !


- revenons à la peinture : est-ce qu’elle a un langage, quelle signification lui donnes-tu ,  quelle est justement la part de hasard ?

– pas de hasard, mais une lente élaboration : j’aurais beaucoup aimé dessiner des visages mais voila  j’ai jamais appris, alors mes portraits ressemblent à des monstres difformes, angoissants, immobiles donc je dessine plutôt des cartes-villes, et des arbres. Les arbres j'essaie maintenant comme Alexandre Hollan de les dessiner sans les quitter des yeux, la main obéit plus ou moins, elle trace - main–tenant - elle raconte l’arbre elle ne le photographie pas, elle l’interprète ;  la main trace mais c’est l’œil qui anime, qui aime malgré l'imperfection de l’œil, de l’éclairage, de mes lunettes ! L’arbre parle ; c’est qu'il y a un langage des branches , elles se développent en fonction de l’espèce (saule,chêne, noisetier, … ) , de la lumière , du climat local, des accidents du vent  … leur syntaxe est beaucoup plus compliquée que celle des mots mais l’image de l'arbre peut parler à d’autres regards à d’autres cultures, immédiatement. Le dessin parle, écrit toutes les langues. Alors que si on traduit un fragment de Pierre Michon ou Une Vie de Flaubert en allemand, en italien c’est une entreprise surhumaine. Le langage de la peinture, lui ,  n’a pas de frontières

– et tes villes ?

– ce sont des cartes que je dessine. Depuis le centre bien ordonné vers la périphérie, la banlieue, vers une zone de transition avec le rien, avec le désert blanc du papier. Je ne sais certes pas dessiner les visages, mais j’imagine très bien la vie des gens (et je vois leurs visages) dans mes cartes, au milieu de cette ville. Il y a toujours un fleuve une rive (fleuve ou mer) et un fouillis d'habitations et d’autres bâtiments ; une gare ou une usine désaffectée, gymnase ou parking, mais tout cela menacé d’ensablement. Tu regardes ces cartes et tu te dis qu’il s’est passé quelque chose : changement de climat, catastrophe (Pompéi, Fukushima, ...) en tout cas la vie c’est retirée peu à peu, ce sont des villes en voie de dissolution. Il y a bien quelques familles, au moins dans certains quartiers, mais personne ne saurait les situer. Peu à peu les oiseaux et la végétation reprennent possession des lieux. Le souvenir même de la ville s'efface et moi je suis avec le prétendu hasard du dessin, avec les accidents de l’encre noire ou de couleur, j’oublie le présent et je m’attelle à rendre présent ce qui est oublié comme si je devais reconstruire Manhattan ou un village de Corrèze, à partir d’une molaire de singe (…)















la ronde du 15 mars, dans l'esprit du ou des dialogues, voit ses participants tourner dans le sens suivant :