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jeudi 30 avril 2009

Sant Jordi à Barcelone

23 avril,
offrir une rose,
vendeurs à tous les coins de rue,














et un livre,
queue dans les librairies,

foule sur les ramblas, le Paseo de Gracia et rues alentours,
pour quelques heures, entre parenthèses, soucis, crise, chômage... ,

le lendemain, çà ou là, juste une fleur abandonnée , plus trace de fête mais Central del Raval fermée jusqu'à midi, par un interstice une image.

mercredi 29 avril 2009

Pintto

Le vieux chien, incapable de tenir sur ses pattes, le regard implorant.
Il ne devait pas passer Noël.
L'euthanasier ?
Et puis un mieux, il a retrouvé l'appétit, dort au soleil.
Une caresse en passant, des soins, une vieillesse comme il ne nous sera sans doute pas donné de la vivre.

Il ne souffre pas.
La mort viendra le prendre à son heure.

mardi 28 avril 2009

Paysage d'enfance.


Sur le chemin de terre vers le Laharane, toujours cru qu'il s'appelait comme ça le petit cours d'eau mais autre nom sur les panneaux,

le vieux poirier.


Se souvenir de ses petites poires mûres pour la Saint Jean.

Un coup de vent, tempête du 24 janvier,


et le voilà à terre,
débité en grosses bûches,


adieu poirier.

lundi 27 avril 2009

Métier



Les croiser devant leur guérite, sur le chemin du parc, au parc, seuls ou devisant, et les envier les "gardiens du domaine national".


dimanche 19 avril 2009

Pensive.

Quatre-vingts ans.

Elle parle, parle, enchaîne les constats.

Interroge et s'interroge.

On fait plus le pain, on fait plus le vin, on fait plus le jardin, on fait plus le lait, on fait plus le cochon, on fait plus les poules, on fait plus la patate... on va au supermarché.

Le jardin, la patate et les poules, ça au moins faudrait garder.

C'est vrai les femmes travaillent dehors, elles n'ont pas le temps, mais comme ça, je sais pas où on va.

samedi 18 avril 2009

Baignoires



de Lekeitio.

... se souvenir aussi des "baignoires" pour dire la chute en ski de randonnée dans la neige lourde de printemps.


vendredi 17 avril 2009

abreuvoir (1) : recycler (2)

Eau courante 1963, "la plus grande des inventions", première étape, lavoir installé sous le vieux noyer, fini le linge rincé dans un creux du ruisseau, toujours dans sa mémoire, février 56 et l'eau prise dans la glace, années 70 avènement, enfin, de la machine à laver, " combien de fois par jour qu'elles la font tourner les jeunes mamans, on changeait moins les enfants ", orgueil du drap blanc claquant au vent sur le fil.

Aujourd'hui lavoir/abreuvoir, baignoire récupérée aujourd'hui souvent remplacée par une douche.

samedi 11 avril 2009

Lucky Luke

L'agneau aux pattes arquées, d'où son nom, nourri au biberon. Le voir accourir, toujours la reconnaissance du ventre, se prendre à l'aimer. Un mâle, impossible de le garder pour la reproduction, mal formé, impossible de le vendre. Tarder à le tuer, ah ! l'amour et comprendre un jour, goût fort, surtout ne rien dire, que dans l'assiette, c'est lui.

vendredi 10 avril 2009

Agneau pascal

Aiguiser le couteau, à l'étable le maintenir ferme sur la table puis l'égorger, soubresauts, dans une bassine en alu recueillir le sang, surtout ne rien laisser perdre, il bêle à fendre l'âme, encouragement, Si on fait vite, le cœur battra encore, tenir les pattes arrière bien écartées, s'appliquer, serrer fort une ficelle au niveau du genou, au-dessus percer un petit trou, le regarder souffler dedans, la bête enfle, prendre une badine, frapper à coups redoublés pour préparer l'étape suivante, à l'Opinel taillader délicatement la peau tout le long du ventre, rouler le poing dans un torchon propre, le glisser entre la chair et la peau, soulever la peau, faire attention à ne pas la trouer, ouvrir, dans une assiette creuse poser le cœur et les poumons, parfois, autre leçon de choses, souffler dedans.

jeudi 9 avril 2009

Sur l'écorce


Ecrire.

Prendre un canif, l'enfoncer profond, taillader, prendre son temps.

Creuser, s'appliquer.

PB, Pierre, Paul, Patrick...

Se reculer, apprécier.

Recommencer.

LG, Laure, Lise, Lucie...,

à deux pas, attend.

Puis la date, 1972, se peut-il que






mercredi 8 avril 2009

Le marché du samedi (1)

Née en 30, elle sourit vaillante, quelques carottes, poireaux, les œufs de ses poules Oh ! je crois que maintenant c'est fini, j'ai plus rien à vendre, j'aide un peu le cousin, comme ça je vois du monde au moins une fois par semaine, la santé de mon mari décline tellement, vous savez la vie c'est un courant... elle s'arrête, son regard bleu comme lavé de larmes s'égare, elle cherche, comment préciser ? un courant ... d'air, et elle sourit, oui, c'est exactement ce qu'elle voulait dire, la vie c'est un courant, un courant d'air.

mardi 7 avril 2009

Rebut



Abords de la ferme, vieux congélateur.


c'est la mort éternelle qui -rongeant corps et

visages-
donne à certains ce charme inoubliable
des vieilles choses dédorées Bouts de lacets cassés
Cœurs morcelés Yeux envolés Ongles coupés
J'aime tout ce qui se défait
fruits mûrs qui tombent à terre juste à temps pour
masquer leur déroute dans la nuit

Michel Leiris Haut Mal Poésie / Gallimard page 62

lundi 6 avril 2009

Pâques avant Rameaux

Elles comptaient les mois sur leurs doigts, mars, six, suspense, avril, sept... le compte n'y était pas, un prématuré ?! tu parles, elles disent toutes ça, tu crois qu'il est de lui ? mariée en blanc avec tout le tralala, ah ! mais vraiment, y en a qui ont pas honte, conciliabules sans fin autour de ces femmes qui avaient "fait Pâques avant Rameaux" , on disait aussi "fauté".

Les enfants tournaient sans comprendre mais n'en perdaient pas un mot.

dimanche 5 avril 2009

Rameaux


Place Saint Louis-de-Gonzague, devant la chapelle. Fier de son engin. Vous voyez, là c'est un vieux frigo. Il fanfaronne un peu. Bien trente ans que je l'ai fabriqué. Deux euros le rameau, les affaires sont bonnes.

Courbée, tassée sur ses deux béquilles une très vieille femme progresse lentement vers l'entrée. Un brin de laurier dépasse de sa poche. La suivre, touchée, du regard.

Vers Saint-Jacques, au pied du tribunal, les fastes d'un haut-parleur, chorale, puis évêque, prêtres, enfants de chœur en aube blanche, fidèles en procession autour de la place de la Résistance. Cantiques.

En mémoire le silence perplexe qui accueillit il y a peu mon "une branche de Rameaux" . Ma confusion. Le rameau n'était pas une variété d'arbre, je le réalisai là.

Erreur tellement ancrée qu'une petite vigilance s'impose pour ne pas la commettre encore.


samedi 4 avril 2009

Récupérer (1) Rebut





Deux éboueurs, forcément tôt le matin. Penchés sur un carton. Il bruine. S'approcher, curieuse. Vous vous rendez compte, c'est joli, en le faisant sécher bien à plat on peut le récupérer, hésitation, l'un des deux l'emporterait bien, puis dans un élan... vous le voulez ? Remonter chez soi et se prendre à rêver d'Italie.



vendredi 3 avril 2009

Ne rien dire

En évidence sur la table, ce classeur. Ne pas entendre "Je ne vous aime pas, je ne vous aime pas" à moins que, justement, sourire et passer son chemin.

jeudi 2 avril 2009

mots oubliés : maquignon



 La Ficelle Guy de Maupassant

(...) Il se perdit aussitôt dans la foule criarde et lente, agitée par les interminables marchandages. Les paysans tâtaient les vaches, s'en allaient, revenaient, perplexes, toujours dans la crainte d'être mis dedans, n'osant jamais se décider, épiant l'oeil du vendeur, cherchant sans fin à découvrir la ruse de l'homme et le défaut de la bête. Les femmes, ayant posé à leurs pieds leurs grands paniers, en avaient tiré leurs volailles qui gisaient par terre, liées par les pattes, l'oeil effaré, la crête écarlate. Elles écoutaient les propositions, maintenaient leurs prix, l'air sec, le visage impassible, ou bien tout à coup, se décidant au rabais proposé, criaient au client qui s'éloignait lentement : - C'est dit, maît'Anthime. J'vous l'donne.

Se rappeler le marché de Saint-Palais, le vendredi, un mardi sur deux en alternance avec Iholdy, celui d'Hasparren , le mercredi Peyrehorade, le lundi Saint Jean, plus rarement, trop loin, les agneaux attachés par les pattes avec de la ficelle de lieuse, dans le coffre de la 2 CV ou plus tard dans une petite remorque accrochée à la voiture, leurs bêlements, celui des mères au retour des champs qui les cherchaient partout dans la bergerie, le coup d'œil pour évaluer le poids, tenter d'en cacher un plus léger dans le lot, les palabres interminables pour cinq centimes de plus au kilo, risquer de ramener les bêtes si trop gourmand, devoir alors les nourrir encore et peut-être ne pas les vendre au marché du lendemain ou de la semaine suivante, ceux qui se vantaient et prétendaient avoir donné à tant, ceux qui se taisaient, le doute tant que le prix du marché n'était pas fait, donner trop tôt avant de le connaître et s'en mordre les doigts, un jeu et un enjeu...

...ou toujours le XIXème jusqu'à l'arrivée du tracteur, 1968, un Zétor, puis plus tard, des subventions pour la construction de grandes bergeries qui lient le producteur à une coopérative. Coup de fil tard le soir ou très tôt le matin, pas de discussion, le prix est fixé, la livraison suit.

(...) Toute l'aristocratie de la charrue mangeait là, chez maît'Jourdain, aubergiste et maquignon, un malin qui avait des écus.

Maquignon, un autre de ces mots qui se sauvent.

mercredi 1 avril 2009

Egrener ses souvenirs

"Petit Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes."

Égrener le maïs.

Geste de prendre deux épis, un peu de maïs juste pour les poules, les frotter fort l'un contre l'autre, mouvement circulaire, recueillir les grains dans le creux du tablier.

Egrener un chapelet.

Ferveur des vieilles femmes, des hommes aussi parfois, plus secrets, les lèvres remuent, chuchotis, les grains du chapelet glissent...