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samedi 20 février 2010

entre Zumaia et Deba

 
S'éloigner de l'écran, rejoindre des paysages familiers, cet arbre aura-t-il résisté aux derniers assauts du vent ?

vendredi 19 février 2010

 
Ils ont été en poste à l'étranger, ont voyagé. Photos. "C'est une vue de votre ancien établissement ?" Leur silence gêné, puis "Non, c'est la prison de Nelson Mandela."

jeudi 18 février 2010

 
Dans le creux de sa main des petits poussins, ils viennent de naître.
 
Sur la table du petit déjeuner Regarde comme c'est doux ! Renards, belettes, fouines et milan les lui prendront, elle mettra encore à couver et s'émerveillera encore et encore.

mercredi 17 février 2010

Préparer les agneaux pour la coopérative, enlever la boucle de naissance, ajouter la boucle de vente,
 
"Pas cette paire de tenailles, c'est pour faire tomber la queue, avec un élastique, on serre très fort, mais non, ils n'ont pas mal, quelques-uns se roulent  un peu  et au moins ils ne finissent pas à l'abattoir",
 
tout noter sur des calepins, numéro de la mère, date de naissance, sexe, premier numéro de l'agneau, numéro de vente, enlever une boucle, les numéros volent dans la bergerie, 211... 124... tu dis qu'il est né quand ?  les petits carnets s'accumulent, des remarques,"bib, diarrhée", ère de la traçabilité oblige, pour bientôt une puce mais payer, "Toujours nous"
 
à vingt kilomètres la coopérative, camions entiers chargés,
 
Ils respirent, buée, silhouette qui s'effacent. Le soir, au retour du pré, bêlement affolé des mères. Elles les cherchent.

mardi 16 février 2010

Promenade au parc, toujours la même, le froid un peu moins vif, vu six écureuils, le cœur qui bondit et s'en étonner, souvenir du livre de lecture du CP ? Rémi et Colette "l'écureuil et sa queue en panache"  une illustration, quand on en était là on savait presque lire, avoir peut-être rêvé au début d'en être déjà là, aux dernières pages,

quatre personnes désherbent l'allée, les galets affleurent, continuer à entendre les oiseaux, pas complètement sourde encore, y penser avec reconnaissance, appels d'arbre en arbre,
la glace a fondu,
un clin d'œil aux passants, et le printemps frémit,
fin de la boucle, le chantier  bien avancé, ils sont partis, sur le boulevard face aux Pyrénées un homme, blouson de cuir, écharpe rouge, l'effleurer du regard, un clochard ? une hésitation, rien d'abandonné chez lui, flasque de gnôle, rhum ou whisky dans son blouson, une bonne rasade au goulot, faut bien se réchauffer ! puis, aussi sec, dans la doublure,
sortir à nouveau, le soir cette fois, boulevard Barbanègre, façades maculées de jaune d'œuf, trottoirs rendus glissants,
farine répandue, dans le quartier on lave à grande eau, déferlement de Carnaval, une jeune fille "Faut pas abuser, on lance quoi si on peut pas lancer des œufs" Mardi Gras, tout ça, oui mais la nourriture.

lundi 15 février 2010

Épicerie portugaise, elle ne perd pas un instant, un peu de couture pour les temps morts,
 
tiens, autant de variétés de haricot
"Pour la soupe, ils sont extra, ils doublent de volume", en rapporter, peut-être bien ceux-ci, sa joie étonnée "To, ilhar kaparona, tiens, des haricots.... traduction ?", on en faisait, mais cinquante ans au moins que je n'en ai pas tenu dans les mains.

dimanche 14 février 2010

Gelée

 
La terre gelée  crisse sous les pas, 
 
 au pont tagué
 
un ruissellement
 
s'émerveiller.

samedi 13 février 2010

Couple (1) : commémorer

Le magasin va bientôt fermer. Une bouteille de Champagne rosé sur le tapis roulant. Rien qu'une. Je me glisse dans la queue. Devant un couple. Petite quarantaine. Lui penché vers elle Dire que c'est ici qu'on s'est connus. Ici, où ? Super U ? Caisse numéro 1?

vendredi 12 février 2010

 
Les jardiniers à leur sécateur s'activaient. Les corbeilles à papier accueillaient des bouquets. C'était la vie rêvée des villes.

jeudi 11 février 2010

 
C'est bien lui. Non, il n'est pas fatigué. 
Juste envie de s'asseoir qu'il dit, et de regarder le paysage. Il se pousse un peu, invitation, s'asseoir. Quand je suis arrivé ici, j'ai cru que j'allais mourir, je peux pas tenir chez moi. Je suis debout à cinq heures et demie, le ménage, un vrai maniaque ! puis je sors. 
Ce bâton ? Penser makhila. Un Portugais qui me l'a donné. Il habite en bas, vers de la rue des Ponts. Oui, je commence à connaître deux, trois personnes. Il est à la retraite, ça lui fait une occupation, il en a déjà taillé sept ou huit, faut être adroit, je voulais le payer, il a rien voulu prendre mais à Noël j'ai offert des chocolats à sa femme. Risquer dans un souffle Je peux vous prendre en photo ? Son sourire. Promettre Je vous les donnerai quand on se recroisera. Claque un Je vous paierai Ne rien devoir.

mercredi 10 février 2010

 
Ils devenaient de plus en plus violents. On le disait à la télé. La surveillance se resserrait. Des récits de peignées d'accord mais dans les livres. Objets d'étude pour examen. Ils résistaient pourtant. Des bousculades encore. Ou des croche-pied. S'ils se blessaient ? Anticiper. On avait ôté les porte-manteaux.

mardi 9 février 2010

 Rue Serviez. Froid vif, pluie glacée, neige et grésil mêlés. Six heures du soir mais il fait encore jour. On va vers le printemps. Hésitantes, quelques notes de musique au-dessus du brouhaha. Regarder vers. Sur le trottoir d'en face, juste après le temple, adossé au muret, un mendiant. Il souffle dans un harmonica. Ses cheveux blancs. Ralentir. Cette musique, un sentiment de familiarité. Prêter l'oreille. Dans l'hiver s'envolent les premières mesures de l'Internationale.

lundi 8 février 2010

la photo serait belle

Assistance clairsemée. Banc de devant.Trois hommes debout. Lourds et massifs. Âgés. Bérets soigneusement posés derrière eux. Se prendre à songer au temps, c'était l'enfance, où les églises étaient pleines, femmes en bas, hommes dans les galeries. Chants à gorge déployée, voix chevrotante des vieilles femmes, celle de Justina dont nous riions, voix puissante des hommes, du chantre, beauté du Gure aita, et sentiment parfois que le toit s'envolerait devant tant d'ardeur. Prie-dieu d'alors. Leur claquement. A genoux, assis, debout. Docilité des corps mais l'esprit, qui peut dire. Mantille blanche, les jeunes filles. Sentir parfois un regard de garçon posé sur soi, baisser les yeux. Les trois hommes se lèvent et s'éloignent vers l'autel. Trois bérets sur un banc. Le bois vernis brille. Couleur chaude de l'acajou. La photo serait belle. Ils reviennent. Bénédiction finale. Même façon de plier le béret sous le bras. Ils sortent. Photos que je ne ferai pas.

dimanche 7 février 2010

Hellebore

Au fil des bouquets, Je me souviens d'un stage en Écosse, créer une composition à partir d'éléments recueillis dans la campagne ; la veille j'étais allée me promener autour du lac, j'avais repéré des bois flottés, construire autour d'une belle forme, tellement plus facile... l'écouter, encore et encore, le soir j'aimais jouer les petites mains et regarder travailler nos maîtres... la mode a changé, fini les gros bouquets, à la rigueur des bouquets identiques, oui, dans tous les domaines, la répétition... Saint Valentin... les hommes n'aiment pas se compliquer la vie, un bouquet en sortant du travail, oui, mais un dimanche, se lever, tout ça, ils vont plutôt se tourner vers le restaurant... Regarder la beauté surgir de ses doigts. Deux longues tiges d'amaryllis, coup de ciseaux décidé, raccourcir l'une, léger déséquilibre, ajouter une branche, se reculer, apprécier l'effet, voleter encore un peu autour, un bout de jute pour tenir l'ensemble, et soudain dans vos mains un bouquet aussi aérien que les piliers d'une église gothique.

samedi 6 février 2010

 
Quand il pleuvait, vider la bergerie, faire la litière, c'était souvent. Brouette après brouette. Sans doute la dernière de la série, celle-ci attendait. Oubliée.

vendredi 5 février 2010

 
Ils régnaient sur la cour. On avait peur d'aller aux toilettes. Là aussi, ils faisaient la loi. On se réfugiait dans les étages.
 
 A l'abri. Ronde des surveillants. Parfois on se faisait choper. Il vous interpellait Vous faites quoi, ici ?Votre carnet. Il notait. Tête basse, on repartait. Une sanction tomberait.

jeudi 4 février 2010

 
Glorieux dans la lumière d'hiver le cri

 
mais voilà qu'on le grime, 

 écrasé, il se voile
   
et réduit au geste, un autre cri, son doigt.

mercredi 3 février 2010

Poursuivre la quête, s'approcher, un cœur ? 
se pencher, ah ! non, déception, une poubelle.

mardi 2 février 2010

Totolo, le pataud. Nourri au biberon, pas labellisable donc.
 
Et mâle. Aucun espoir pour lui. Des femelles elle en a gardé, Pépette l'année précédente et puis Fifine l'année encore d'avant, nourris, nommés, difficile de ne pas s'attacher, Je devrais pas elle dit, coup de fil de la coopérative le soir, Demain neuf heures et demie, parfois très tôt, parfois le dimanche, Il nous en faut quinze et pas un de plus, Pas un de plus, c'est après Noël, avant autant qu'on veut, l'insémination artificielle, c'est pour ça, les échographies aussi, Connaître le sexe de l'agneau ? Son bon rire d'alors, écho qui se fait si lointain  Mais t'es couillonne ou quoi, c'est juste pour savoir si elle en a un, 5 F par brebis, trop cher il trouvait,
charger l'Express

et en route. Adieu Totolo.

lundi 1 février 2010

 

Dimanche, guetter le ciel, pleuvra, pleuvra pas, sortir, passer devant les Chocolats de la Couronne, coup d'œil, ah ! oui bientôt la Saint Valentin, enfin bientôt... dans toutes les vitrines, des cœurs... se presser vers le parc, 


se rappeler celui-ci, peut-être d'autres encore au bout du chemin ?


 mais oui, celui-ci 
 
celui-là
 
... et avec ce dernier, se souvenir de lui. Combien d'années déjà... Son affiche de film préférée. Parlante, il disait. Certes.
Avec aussi une pensée émue pour Agnès Varda, humble cagette de pommes de terre, toutes en forme de cœur, dans Les Glaneuses, pommes de terre qui pour le coup m'avaient réjoui le cœur.