Rechercher dans ce blog

samedi 30 juillet 2011

Journal Sud-Ouest, fêtes de Bayonne, jeudi soir

06h00 | Mis à jour 08h20
Par Emmanuelle fère


Bayonne

Léa et les chics filles

IMMERSION

Dans un groupe de filles, habituées des Fêtes, dont elles possèdent tous les codes…

 Léa, Cécilia, Hélène, Angélique, Alexandra dans la nuit de jeudi, place Paul-Bert.  PHOTO Patrick bernière

Léa, Cécilia, Hélène, Angélique, Alexandra dans la nuit de jeudi, place Paul-Bert. PHOTO Patrick bernière

« Hé la fille ! » L'apostrophe, proférée par un post-ado alcoolisé et fondant sur la fille à toutes enjambées, dans un parking désert, m'a ravie, moi la fille. Il était à peine minuit, mercredi, et je recueillais les premiers éléments terrain validant ma théorie. La fille n'est pas un festayre comme les autres. « N'importe quel homme peut ''faire'' ces Fêtes sans autre souci que celui de s'amuser mais pas les femmes, et le mâle que je suis a mis du temps à s'en rendre compte », écrit Peio Etcheverry-Ainchart dans le dernier numéro d'« Enbata ».
Jeudi, une soirée entre filles. Immersion pour constater. 21 heures. Cécilia, Angélique, Alexandra et Léa sont assises au mitan de la place de la Liberté. Ce sera elles. Peut-être parce qu'un zonard s'est agglutiné à leur petit groupe. Voir comment elles vont s'en défaire. Sûrement parce qu'elles me ressemblent un peu. Mais je ne le sais pas encore. On croit choisir.
« Plus une fille s'habille court, plus elle prend de risques »
« J'adore les filles moi. J'ai un chien chez moi, un berger allemand. » Extraits de la logorrhée du zonard. Les filles, 18, 20, 19 et 17 ans sont impassibles. Léa, la plus jeune, regard bleu perçant, répond poliment. « Putain, il revient ! », s'exclame Alexandra. Elle explique la tactique. « Si on parle mal, ils peuvent devenir agressifs. » « Comme vous êtes charmantes, un bon mec il va vous arriver », dixit l'intrus. « Le foulard la pointe derrière veut dire : en couple ; et devant : célibataire », expliquera plus tard Léa.
Elles ne sont pas là pour ça. « Hier soir, on a vu des organes », commentent-elles médicalement. « Il y en a chaque année ». Les exhibitionnistes sur lampadaire de l'ouverture des Fêtes ne les émeuvent pas. Avec Hélène et Mélissa qui nous rejoignent plus tard, les filles sont des fêtardes de chaque soir, et depuis des années, sauf Angélique. Elles ont compris. Elles ont les codes. Léa a ses théories, éprouvées ? « Plus une fille s'habille court, plus elle prend de risques », pose la grande jeune fille blonde, en haut de la rue d'Espagne, désignant un groupe de mini-shorts. Elle aurait presque envie de m'y expédier, là où est le vrai sujet. Les risques ? « Cela dépend ce qu'elles veulent. »
Chacune sa recette
Descente de la rue Tour-de-Sault, entre les glissades des garçons sur des bouteilles en plastique. Je lance : « Ils sont casse-cou » à Léa qui, un instant, croit avoir mal entendu. L'ambiance sonore prête à confusion. Un grand dadais diffuse à l'envi, sono au cou : « J'ai une grosse bite, j'ai une grosse bite ». Alexandra aussi. Elle ose le dire.
Une bonne partie de la nuit, elles vont croiser des phallus au feutre. Tee-shirts de garçons emplastronnés de : « J'aime la foune ». Impressions « enlève le haut » côté face et « bouge - bouge - bouge le bas » côté pile. Quai Jauréguiberry, sa version lie de vin se présente face à Léa. Une gueule d'ange. Il met pied à terre devant la belle. Et brandit le chiffon. Une négation de la tête suffit. Cette fois. Plus tard, rue des Cordeliers, c'est la main aux fesses. « Je lui ai mis une petite claque, comme ça », mime tranquillement Léa.
"Elles se font tourner le chapeau... pour se prendre en photo"
Alexandra a les yeux qui brillent, et les joues rouges. Demain elle travaille, mais tard. Cela vaut bien un shooter au comptoir avec Cécilia. Un petit luxe. Car les filles se déplacent avec leurs munitions. Des bouteilles en plastique suspendues par une ficelle. Chacune sa recette. Vodka Fanta. Rhum arrangé. Le gobelet réutilisable à un euro, une aubaine. « Quand on en trouve, cela nous paie le bus. »
« Accrochez-vous à moi, cela sert à ça. » Cécilia me tend sa cinta rouge pour remonter le quai de la Galuperie. De la ceinture aux espadrilles, du pantalon au tee-shirt, elles ont la panoplie impeccable. Hélène y a jouté le chapeau de cow girl et son taureau clignotant. Elles se le font tourner, sur le mail Chaho-Pelletier, pour se prendre en photo, face au groupe qui prône l'usage de substances amusantes. L'air en est rempli.
« On est des filles sages », avait prévenu Léa. Devant La Treille, elle épouille délicatement Cécilia de ses confettis. Pendant le concert, les filles s'étreignent. « Si vous aviez des enfants, vous les laisseriez sortir à quel âge ? » Si c'était elle et ses amies, je ne me ferais aucun souci. Presque. « Les belles filles deviennent folles car on rigole bêtement à tout ce qu'elles disent » ; cette phrase à la Woody Allen remonte, dans une rue Bourgneuf embrumée. Léa n'a pas cette beauté-là. Raisonnable, décidée. « On fait un tour dans le Petit-Bayonne », et on y va lance t-elle. Place Paul-Bert, elles s'emportent dans une ronde. Puis dansent deux à deux. Elles ne sont plus que quatre. Je suis de trop. Leur image s'éloigne. Travelling arrière.

vendredi 29 juillet 2011

Vieillir (4)

Le matin, quand je me réveille si j'ai pas mal quelque part, je me demande si je suis encore vivante.

mercredi 27 juillet 2011

11 juin 1968 : Composition trimestrielle de Rédaction

 
Sujet : C'est le matin. De votre lit vous entendez la journée qui s'éveille...

      Mais maman s'est levée. Je l'entends trotter dans la cuisine. Maintenant elle remue doucement, silencieusement la casserole Je devine, satisfaite, qu'elle prépare mon petit déjeuner. Le souffle régulier de ma sœur me rend jalouse : j'aimerais être encore en train de dormir. Des chaînes grincent, la paille gémit : les vaches veulent prendre la clé des champs.
     Cependant une question subite se pose dans ma tête : quel temps fait-il ? De nouveau, j'écoute. Papa sort le tracteur pour aller couper l'herbe de la prairie. Les oiseaux pépient gaiement. Le doux murmure des arbres me berce. Je me ressaisis et l'énigme est résolue : il fait beau.


mardi 26 juillet 2011

ils quittent un jour notre champ
où vont les mots quand ils meurent

lundi 25 juillet 2011

Elzbieta Mozyro-Rumianki
entre credo et défi intime, ressassé à l'envie, le poème années de jeunesse "le temps marche d'un pas normal / des roses, des roses, des roses..." au bout, le plus souvent, la consolation. Si simple alors...

Charles Cros Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c'est la fête.
Les gens disent : Comme il est bête!
En somme, je suis mal côté. 
 
J'allume du feu dans l'été,
Dans l'usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu'importe ! J'aime la beauté. 

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal. 

J'ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d'un pas normal ;

Des roses, des roses, des roses !

mardi 19 juillet 2011

statue, 
un jeu d'alors,
touché,
se figer,
et guetter,
parfois quelqu'un,
 libéré repartir,
la lumière,
un chemin

lundi 18 juillet 2011

 
elle disait l'enfermement, 
le temps qui n'en pouvait mais,
vite,
sauver sa peau,
de l'autre côté le couloir,
une volée de marches, 
la grande cour, 
et la sortie,
sa voix, 
une logorrhée,
regard  levé,
donner le change,
on forait

dimanche 17 juillet 2011

Göttingen, Nacht der Kultur







talo ta xingar

jeudi 7 juillet 2011

Fürstenberg
si simple, ouvrir la fenêtre et
mais non,
rien,
juste une lassitude, 
s'écarter

mercredi 6 juillet 2011

juillet, place de la Sapienza, chaleur, l'ombre d'un arbre, quelques marches, le sommeil l'a fauché là, ses pieds tuméfiés, des plaies ouvertes, ronde des mouches,  passants, regards aimantés qui se détournent, sortir l'appareil photo, l'arrête des marches, des lignes de fuite, trois clichés... regarder,  le troisième peut-être, pile sur ses chevilles... c'était quoi l'idée, de "l'esthétique" sur ça ?... une à une, les effacer, y repenser...  mais à qui ou quoi au juste... à l'homme... est-ce si sûr ?

mardi 5 juillet 2011

ni les vaches, ni leur maître ne reviendraient, qui d'ailleurs pour le souhaiter, oui mais les hirondelles