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mercredi 31 août 2011

petites choses qui réchauffent le coeur

faire son marché et tomber en arrêt devant ces Amandine

et lire Les Notes de chevet de Sei Shônagon, extraits ici ou

mardi 30 août 2011


— Maintenant je vais te montrer une chose que tu n'as encore jamais vue.

Il me tendit avec précaution un exemplaire de l' Utopie de More, imprimé à Bâle en 1518 et où manquaient des feuillets et des gravures.

Non sans fatuité je répliquai:

—C'est un livre imprimé. Chez moi, j'en ai plus de deux mille, mais évidemment moins anciens et moins précieux que celui-ci.

Je lus le titre à haute voix.

L'autre se mit à rire.

—Personne ne peut lire deux mille livres. Depuis quatre siècles que je vis je n'ai pas dû en lire plus d'une demi-douzaine. D'ailleurs ce qui importe ce n'est pas de lire mais de relire. L'imprimerie, maintenant abolie, a été l'un des pires fléaux de l'humanité, car elle a tendu à multiplier jusqu'au vertige des textes inutiles.


jeudi 25 août 2011

Récup (2) zikiro pesta

bricoler une broche,
prévoir du bois en quantité,
et rôtir l'agnelle "De toutes façons, on pouvait ni la vendre ni la garder, elle avait de faux testicules... oui, elle était moitié mâle, moitié femelle, j'avais bien vu qu'elle prenait des cornes et de la carrure, on a une autre comme ça... la faute de l'insémination artificielle... ? non, je pense pas, on en a déjà eu vu mais à ce qu'y paraît y en aurait aussi pas mal chez les autres cette année...", inviter amis et voisins, partager...

mercredi 24 août 2011

oui mais sortir

mardi 23 août 2011

défilé

le corps marchandise,
elle avance souveraine,
casting dans un pré

lundi 22 août 2011

Fenêtres

l'odeur âcre du fumier,
les chiures de mouche,
les toiles d'araignée,
faire les carreaux de l'étable ou de la bergerie... ?! puis quoi encore !

dimanche 21 août 2011

elle est condamnée
 la lumière à cache-cache
grâce au déclic
***
un furtif espoir
ouverture condamnée
jeu de la lumière

vendredi 19 août 2011

toile

drapés de lumière 
des araignées au travail
éclat d'un paysage

jeudi 18 août 2011

intérieur

Zumaia Chapelle de San Telmo
fermée, encore,
le trou de la serrure,
introduire l'objectif,
œil prothèse

mercredi 17 août 2011

après-midi, chaleur,
la ville dort,
carillon de l'entrée, se composer un visage puis "Vous désirez ?"

mardi 16 août 2011

soleil au plus haut dessin sur le carrelage rêve de marelle

barreaux de l'échelle
c'est encore loin le ciel
ombre à cloche-pied

vendredi 12 août 2011

sourire piteux
et tout ça rien qu'une vie
cœur lourd séloigner

jeudi 11 août 2011

oiseau dans l'azur
un bout de repas perdu
fleur dans les thuyas

mercredi 10 août 2011

 nuit interminable
dans l'ombre un rai de lumière
secouer les barreaux

mardi 9 août 2011

des pas au-dessus,
les craquements du plancher,
attendre son heure

jeudi 4 août 2011

        TROPISMES XXII Nathalie Sarraute

     Ils étaient laids, ils étaient plats, communs, sans personnalité, ils dataient vraiment trop, des clichés, pensait-elle, qu'elle avait vus déjà tant de fois décrits partout, dans Balzac, Maupassant, dans Madame Bovary, des clichés, des copies, la copie d'une copie, pensait-elle.
     Elle aurait tant voulu les repousser, les empoigner et les rejeter très loin. Mais ils se tenaient autour d'elle tranquillement, ils lui souriaient, aimables, mais dignes, très décents, toute la semaine ils avaient travaillé, ils n'avaient toute leur vie compté que sur eux-mêmes, ils ne demandaient rien, rien d'autre que de temps en temps la voir ; de rajuster un peu entre elle et eux le lien, sentir qu'il était là, toujours bien à sa place le fil qui les reliait à elle. Ils ne voulaient rien d'autre que demander —comme c'était naturel, comme tout le monde faisait, quand on se rendait visite entre amis, entre parents— lui demander ce qu'elle avait fait de bon, si elle avait lu beaucoup ces derniers temps, si elle était sortie souvent, si elle avait vu cela, ces films, ne les trouvait-elle pas bien... Eux ils avaient tellement aimé Michel Simon, Jouvet, ils avaient tellement ri, passé une si bonne soirée...

     Et quant à tout cela, les clichés, les copies, Balzac, Flaubert, Madame Bovary, oh ! ils savaient très bien, ils connaissaient tout cela, mais ils n'avaient pas peur — ils la regardaient gentiment, ils souriaient, ils semblaient se sentir en lieu sûr auprès d'elle, ils semblaient le savoir, qu'ils avaient été tant regardés, dépeints, décrits, tant sucés qu'ils en étaient devenus tout lisses comme des galets, tout polis, sans une entaille, sans une prise. Elle ne pourrait pas les entamer. Ils étaient à l'abri.
     Ils l'entouraient, tendaient vers elle leurs mains : « Michel Simon... Jouvet... Ah, il avait fallu, n'est-ce pas, s'y prendre bien à l'avance pour retenir ses places... Après, on n'aurait plus trouvé de billets ou à des prix exorbitants, rien que des places de loges, des baignoires... » Ils resserraient le lien un peu plus fort, bien doucement, discrètement, sans faire mal, ils rajustaient le fil ténu, tiraient...
     Et peu à peu une faiblesse, une mollesse, un besoin de se rapprocher d'eux, d'être approuvée par eux, la faisait entrer avec eux dans la ronde. Elle sentait comme sagement (Oh, oui... Michel Simon. .. Jouvet...) bien sagement, comme une bonne petite fille docile, elle leur donnait la main et tournait avec eux.
     Ah, nous voilà enfin tous réunis, bien sages, faisant ce qu'auraient approuvé nos parents, nous voilà donc enfin tous là, convenables, chantant en chœur comme de braves enfants qu'une grande personne invisible surveille pendant qu'ils font la ronde gentiment en se donnant une menotte triste et moite.

mercredi 3 août 2011

elle se redresse, avance dans la boutique, sa main usée parmi les portants, palpe les étoffes, convoitise, puis l'étiquette, le prix, trop cher, toujours trop cher, un soupir  "On aurait du goût pourtant nous aussi..."

mardi 2 août 2011

j'en suis encore toute retournée, elle essuie une larme et de poursuivre heureusement, il s'en sort avec un plâtre