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mardi 21 février 2012

Journal La République des Pyrénées Drame de la vieillesse

 Premières lignes...
Après avoir tiré un coup de feu mortel sur son épouse, (par Evelyne Lahana et Renée Mourgues) Félicia, âgée de 92 ans, Antonio Pellicer, 91 ans, a retourné l'arme contre lui.

et boomerang d'une histoire "drôle", enfin saumâtre mais jamais oubliée entendue chez José Arthur. Un très vieux couple comparaît devant le juge pour divorcer, le juge perplexe "Mais enfin pourquoi avez-vous attendu si longtemps pour vous séparer ? On a attendu que nos enfants soient morts." Et toujours la beauté et la majesté du fait divers, concentré de nos peurs et miroir de notre monde. Que dirait la suite de l'article ? Non ce ne serait pas un drame de la haine ordinaire mais tout aussi édifiant et triste. Jusqu'au fusil parce que pas pour tout le monde les morts plus douces. Le bras du vieil homme est resté ferme. En filigrane, le fil rouge de  la tendresse et un sens de la dignité.
 (...)
La solitude, le désespoir de constater que la santé de sa femme se détériorait au fil des jours, la peur de rester seul aussi et d'être placé dans une maison de retraite, toutes ces raisons, selon ses proches voisins, « auraient conduit Antonio Pellicer, maçon à la retraite, à commettre cet acte désespéré ». (...)
Samedi en fin d'après-midi, Henry et Paulette Jouanine, 80 et 81 ans, sont sous le choc de la disparition brutale du couple de nonagénaires qu'ils voyaient tous les jours.
Ils leur rendaient des services au quotidien. « De les voir partir comme çà, cela fait mal » soupire Henry, abasourdi par le geste de celui qu'il appelle « son ami avec lequel ils étaient main dans la main depuis quarante ans».
« Ils étaient malheureux d'être seuls » murmure sa femme. Antonio Pellicer n'a pas laissé de mot pour expliquer son geste. Et rien dans son attitude ne laissait présager son acte funeste : « Quand j'ai vu Antonio, vendredi soir, tout allait bien » assure Henry Jouanine.
Le couple n'avait pas d'enfants. Quelques membres de leur famille « des personnes âgées » selon leurs voisins, vivaient en Haute-Garonne.
Il leur restait aussi des parents en Espagne, un pays qu'ils avaient fui pour s'installer en France où ils s'étaient rencontrés.
(...)
Selon ses voisins, la santé de la nonagénaire s'était dégradée depuis quelques jours.
La vieille dame multipliait les chutes. Selon Henry Jouanine, Antonio n'avait plus suffisamment de force pour soulever son épouse quand elle tombait: « Il ne voulait pas entendre parler de maison de retraite. Il aurait fallu qu'ils y aillent. Ils ne pouvaient plus rester seuls. C'était la seule solution pour eux» assurent les voisins des défunts. Samedi matin, comme à son habitude, Henry Jouanine est allé chercher son journal dans la boîte aux lettres : « Les volets d'Antonio et de Félicia étaient fermés. J'ai trouvé que c'était bizarre. J'en ai parlé à ma femme. Puis l'infirmière est arrivée et elle m'a dit qu'elle ne pouvait pas rentrer dans la maison mais que la lumière était allumée» raconte Henry Jouanine, bouleversé.
Elle a appelé les secours. Félicia gisait dans son lit. Le corps de son mari a été découvert sur le sol.

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