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mercredi 29 février 2012

miroir, mon beau miroir,

la mer défaisait ses cheveux,
un reflet se brisait,
comment se regarder

mardi 28 février 2012

un soupir,

s'enfuir, s'enfouir, 
 résistances

lundi 27 février 2012

la retraite

en marchant
Zumaia

vendredi 24 février 2012

Installation (7)

pour ce qui lance et s'élance

Jeune fille aux gants

Le Titien
 abandonnée près de sa place une paire de gants en fourrure polaire, plus tard, regard qui effleure et petite  moue  "Non, les miens sont en cuir", elle a douze ans.

mercredi 22 février 2012

la bête est dépecée

le tueur et ses deux acolytes sont passés à table, l'aïeule, ses invites du geste Resservez-vous, leur regard qui fuit, ils piquent du nez dans leur assiette, sa détresse

mardi 21 février 2012

Journal La République des Pyrénées Drame de la vieillesse

 Premières lignes...
Après avoir tiré un coup de feu mortel sur son épouse, (par Evelyne Lahana et Renée Mourgues) Félicia, âgée de 92 ans, Antonio Pellicer, 91 ans, a retourné l'arme contre lui.

et boomerang d'une histoire "drôle", enfin saumâtre mais jamais oubliée entendue chez José Arthur. Un très vieux couple comparaît devant le juge pour divorcer, le juge perplexe "Mais enfin pourquoi avez-vous attendu si longtemps pour vous séparer ? On a attendu que nos enfants soient morts." Et toujours la beauté et la majesté du fait divers, concentré de nos peurs et miroir de notre monde. Que dirait la suite de l'article ? Non ce ne serait pas un drame de la haine ordinaire mais tout aussi édifiant et triste. Jusqu'au fusil parce que pas pour tout le monde les morts plus douces. Le bras du vieil homme est resté ferme. En filigrane, le fil rouge de  la tendresse et un sens de la dignité.
 (...)
La solitude, le désespoir de constater que la santé de sa femme se détériorait au fil des jours, la peur de rester seul aussi et d'être placé dans une maison de retraite, toutes ces raisons, selon ses proches voisins, « auraient conduit Antonio Pellicer, maçon à la retraite, à commettre cet acte désespéré ». (...)
Samedi en fin d'après-midi, Henry et Paulette Jouanine, 80 et 81 ans, sont sous le choc de la disparition brutale du couple de nonagénaires qu'ils voyaient tous les jours.
Ils leur rendaient des services au quotidien. « De les voir partir comme çà, cela fait mal » soupire Henry, abasourdi par le geste de celui qu'il appelle « son ami avec lequel ils étaient main dans la main depuis quarante ans».
« Ils étaient malheureux d'être seuls » murmure sa femme. Antonio Pellicer n'a pas laissé de mot pour expliquer son geste. Et rien dans son attitude ne laissait présager son acte funeste : « Quand j'ai vu Antonio, vendredi soir, tout allait bien » assure Henry Jouanine.
Le couple n'avait pas d'enfants. Quelques membres de leur famille « des personnes âgées » selon leurs voisins, vivaient en Haute-Garonne.
Il leur restait aussi des parents en Espagne, un pays qu'ils avaient fui pour s'installer en France où ils s'étaient rencontrés.
(...)
Selon ses voisins, la santé de la nonagénaire s'était dégradée depuis quelques jours.
La vieille dame multipliait les chutes. Selon Henry Jouanine, Antonio n'avait plus suffisamment de force pour soulever son épouse quand elle tombait: « Il ne voulait pas entendre parler de maison de retraite. Il aurait fallu qu'ils y aillent. Ils ne pouvaient plus rester seuls. C'était la seule solution pour eux» assurent les voisins des défunts. Samedi matin, comme à son habitude, Henry Jouanine est allé chercher son journal dans la boîte aux lettres : « Les volets d'Antonio et de Félicia étaient fermés. J'ai trouvé que c'était bizarre. J'en ai parlé à ma femme. Puis l'infirmière est arrivée et elle m'a dit qu'elle ne pouvait pas rentrer dans la maison mais que la lumière était allumée» raconte Henry Jouanine, bouleversé.
Elle a appelé les secours. Félicia gisait dans son lit. Le corps de son mari a été découvert sur le sol.

lundi 20 février 2012

dimanche 19 février 2012

Où notre texte, où notre règle?

http://youtu.be/gEGKVCmdAV8
 cliquer surl'image (maison et rue de Saint-John-Perse à Pau)

Amers Saint-John Perse (p 57, 58)

« Oui, ce fut un long temps d'attente et de sécheresse, où la mort nous guettait à toutes chutes de l'écrit. Et l'ennui fut si grand, parmi nos toiles peintes, l'écœurement en nous si grand, derrière nos masques, de toute l'œuvre célébrée!...

Nos cirques de pierre ont vu décroître le pas de l'homme sur la scène. Et certes nos tables de bois d'or furent parées de tous les fruits du siècle, et nos crédences d'avant-scène de tous les pins du mécénat. Mais la lèpre divine errait sur d'autres coupes, et la Mer à longs traits se retirait des songes du Poète.

La Mer au sel violet nous disputera-t-elle les filles hautaines de la gloire ? ... Où notre texte, où notre règle?... Et pour parer encore aux charges de la scène, en quels cours de Despotes nous faudra-t-il chercher caution, de nos grands Commensaux?

Toujours il y eut, derrière la foule riveraine, ce pur grief d'un autre songe -ce plus grand songe d'un autre art, ce plus grand songe d'une autre œuvre, et cette montée toujours du plus grand masque à l'horizon des hommes, ô Mer vivante du plus grand texte ! ... Tu nous parlais d'un autre vin des hommes, et sur nos textes avilis il y eut soudain cette bouderie des lèvres qu'engendre toute satiété,

Et nous savons maintenant ce qui nous arrêtait de vivre, au milieu de nos strophes.
»

samedi 18 février 2012

marché du samedi (4)

Affluence du samedi matin. Un homme derrière moi. J'attends la monnaie. "A qui le tour ?" Elle nous embrasse du regard, hésite, puis Je faisais mariage... on se jauge sous cape, oui, pas mal vu, elle, sur sa lancée... et maintenant, je fais divorce." Des rires. Et pour vous alors, ce sera... ?"

vendredi 17 février 2012

chagrin

il attend près des boîtes aux lettres,
ce soir un enfant pleure

jeudi 16 février 2012

filon

on vendait l'authentique,
villes pour appareils photo,
oui, mais y vivre

mercredi 15 février 2012

un dimanche à Pau (1)

on marche,  la ville dort, bribes de chansons de Jean-Roger Caussimon de par la tête, au fond on oublie peu...

Zophrène (1979) Jean-Roger Caussimon
"Elle est venue, l’ère glaciale
Et la vieille Europe n’est plus 
Qu’un champ de foire commerciale 
La colombe est prise à la glu... 
 Ferme la porte et la fenêtre
Le pétrole flambe avec l’or ! 
Il fait un temps à ne pas mettre
Un chien ni son maître dehors..."
 

mardi 14 février 2012

primaires

le jaune se cachait,
il attendait son heure

lundi 13 février 2012

corrosion

tout se consumait,
c'était l'acide du temps
et son goût de cendre

dimanche 12 février 2012

Vide matelas... Tristan Tzara

Vide matelas
pour ne pas dormir
ni rire ni rêver
le froid aux entrailles
le fer dans la neige
brûlant dans la gorge
qu'avez-vous fait qu'avez-vous fait
des mains chaudes de tendresse
avez-vous perdu le ciel
dans la tête par le monde
dans la pierre dans le vent
l'amitié et le sourire
comme les chiens à l'abandon
comme des chiens

samedi 11 février 2012

traversée

 plus que quelques mètres,
on laissait derrière soi, 
les maisons délabrées, 
la muraille moussue, 
le linge aux fenêtres, 
et on changeait de temps,
au bout l’ascenseur pour la ville haute

vendredi 10 février 2012

au-delà

on suivait les voies
des rêves mettaient les bouts
l'horizon flambait

jeudi 9 février 2012

hiver

une transparence,
le froid cinglait votre pas,
la vie affluait

mercredi 8 février 2012

Une connaissance inutile (extrait) Charlotte Delbo


PRIÈRE AUX VIVANTS POUR LEUR PARDONNER D'ÊTRE VIVANTS (cliquer pour entendre la lecture de Clotilde de Bayser de la Comédie Française, France culture fictions)

Vous qui passez
bien habillés de tous vos muscles
un vêtement qui vous va bien
qui vous va mal
qui vous va à peu près
vous qui passez
animés d'une vie tumultueuse aux artères
et bien collée au squelette
d'un pas alerte sportif lourdaud
rieurs renfrognés, vous êtes beaux
si quelconques
si quelconquement tout le monde
tellement beaux d'être quelconques
diversement
avec cette vie qui vous empêche
de sentir votre buste qui suit la jambe
votre main au chapeau votre main sur le cœur
la rotule qui roule doucement au genou
comment vous pardonner d'être vivants...
Vous qui passez
bien habillés de tous vos muscles
comment vous pardonner
ils sont morts tous
Vous passez et vous buvez aux terrasses
vous êtes heureux elle vous aime
mauvaise humeur souci d'argent
comment comment
vous pardonner d'être vivants
comment comment
vous ferez-vous pardonner
par ceux-là qui sont morts
pour que vous passiez
bien habillés de tous vos muscles
que vous buviez aux terrasses
que vous soyez plus jeunes chaque printemps
Je vous en supplie
faites quelque chose
apprenez un pas
une danse
quelque chose qui vous justifie
qui vous donne le droit
d'être habillés de votre peau de votre poil
apprenez à marcher et à rire
parce que ce serait trop bête
à la fin
que tant soient morts
et que vous viviez
sans rien faire de votre vie.

mardi 7 février 2012

Antoni Tapiès "Quand vous regardez..."

années 90, Reina Sofia, le texte était beau, on avait encore des carnets d'adresses, on prenait son stylo, recopiait...

La práctica del arte de Antoni Tapiès (1971) Ariel, Barcelona.

Cuando miráis, no debéis pensar nunca lo que la pintura o cualquier cosa de este mundo "ha de ser", o lo que muchos quieren que se limite a ser. La pintura puede serlo todo. Puede ser una claridad solar en medio de un soplo de viento. Puede ser una nube de tormenta. Puede ser la huella del pie de un hombre en el camino de la vida, o un pie que ha golpeado el suelo, ¿por qué no?, para decir "¡basta!". Puede ser un aire dulce de alborada, lleno de esperanza, o un aliento agrio que despide una cárcel. Puede ser lo que somos, el hoy, el ahora y el siempre.

""Quand vous regardez, vous ne devez jamais penser à ce que la peinture -ou n'importe quelle autre chose de ce monde- "doit être", ou à ce que beaucoup souhaitent qu'elle se limite à être. La peinture peut être tout. Une clarté solaire dans un souffle de vent. Un nuage d'orage. L'empreinte du pied d'un homme sur le chemin de la vie ou un pied qui a frappé le sol, pourquoi pas ? pour dire "ça suffit" ! L'air doux d'un petit matin plein d'espoir ou l'aigre haleine que lâche une prison. Les taches de sang d'une blessure ou le chant en plein ciel azur, ou jaune, de tout un peuple. Elle peut être ce que nous sommes, aujourd'hui, maintenant et toujours."

lundi 6 février 2012

Petites choses qui réjouissent le coeur (2)

 le casier, geste machinal du matin, la main s'engouffre fiche de paie, spécimen, courrier, réunion... avant de s'écrouler dans un fauteuil... bientôt la sonnerie, mais surprise, une bouture... Annabel, qui rejoindra Suzanne, Madeleine... et des racines comme une famille sur laquelle veiller.

samedi 4 février 2012

Lectures actives (1954)

164                                                        LECTURES ACTIVES

                                                               60. UNE PASSION

Les deux enfants de M. et Mme Fournier, instituteurs dans un poste rural, ont une telle soif de lecture qu'avant ta distribution des prix de l'école, ils lisent tous les volumes. C'est là une histoire véridique. Le frère de l'auteur, Alain- Fournier, s'annonçait comme un brillant écrivain quand il fut tué au cours de la première guerre mondiale.

I. "Si maman demande combien nous en avons lu, tu diras deux ou trois, les petits, ça ne compte pas..."    
        C'est jeudi. Depuis le déjeuner, nous sommes enfermés tous les deux dans la classe inondée du brûlant soleil de juillet; les moineaux se chamaillent sous le rebord du toit, les lis du jardin appellent à grands cris chauds par les fenêtres ouvertes, les voix joyeuses d'une bande de gamins se poursuivent sur la route de Valon. Mais nous n'entendons rien.
         Assis au bord de l'estrade, la caisse ces prix entre nous deux, rouges, les mains moites, la tête battante, à peine au bout d'un livre nous jetant sur un autre, comme des affamés que rien n'arrive à rassasier*, nous lisons!

2. Les prix sont là depuis huit jours: quarante livres rouges et dorés dans des papiers violets, verts, roses. Ils sentent la colle, l'encre d'imprimerie, le vernis chauffé —le plus enivrant parfum que nous ayons jamais respiré! ils craquent un peu quand on les ouvre, ils laissent aux doigts de petits points d'or, ils jettent à pleins yeux leurs images que l'on regarde vite jusqu'au bout avant de commencer à lire—échappées ravissantes sur l'histoire promise

Rassasier: le texte environnant vous permet de dégager seul le sens de ce mot (mot de la même famille: satiété).


166                                                       LECTURES ACTIVES

rés, ou, en gros caractères et en dix pages, se lisaient de fortes leçons de morale : Adolphe ou la gourmandise punie, Julie la petite querelleuse, dont, à défaut de substance, on gardait du moins gravé dans la mémoire l'étonnant style ampoulé*, si remarquablement adapté à l'esprit des petits paysans : O vous, mes enfants, qui avez eu le malheur de contracter une habitude mauvaise, c'est pour votre consolation et votre soutien que je vais vous raconter l'histoire suivante : Julie...

4. La caisse arrivait quinze jours, trois semaines, avant la distribution des prix, il fallait se dépêcher de les absorber tous, pour avoir le temps de reprendre les premiers, les beaux, les chers. Aussi, dès que nous étions sur la pente diminuante, en dévorions-nous cinq, six des moyens, dix des plus minces à la queue leu leu dans une après-midi du jeudi.
      Quand maman, vers la tombée du jour, quittait la salle à manger pour la petite cuisine ou elle allait préparer le dîner, ne nous apercevant pas dans la cour, elle ouvrait la porte de la classe :
       "Comment, c'est là que vous étiez ? Encore à lire! Vous n'avez pas lu toute l'après-midi ?"
Nous baissions la tête.
       " Mon Dieu, combien en avez-vous lu ?
     — Deux ou trois...
     — Deux ou trois ? Mais ces enfants sont fous! Deux ou trois livres d'affilée! Voulez-vous laisser ça bien vite! Pour vous perdre les yeux! Si jamais on a vu personne lire deux ou trois livres sans respirer! ils s'en feront mourir."

   5. Les années ou l'on avait monté la caisse au grenier, nous étions plus tranquilles, maman ne venait guère là-haut sans nécessité. Et le premier livre à peine ouvert nous ne sentions plus la touffeur brûlante qui était tombée sur nous dès la porte.
   Mais le plus cher asile est le Cabinet des Archives, plein de mouches mortes et d'affiches battant au vent. A l'autre bout de maison, la grande Mairie solitaire traversée, nous sommes das ce lieu poussiéreux mieux à l'abri avec notre trésor qu'enveloppés par la mer au cœur d'une île perdue. Par un carreau éternellement

Ampoulé : solennel au point d'en être ridicule.— Touffeur : chaleur étouffante.
                                             
                                                          UNE PASSION                                               167

cassé entrent la brise du jardin et le ramage du poulailler tout proche. La vieille bascule est un siège plein de fantaisie, dont la plaque dure tout à coup sous nos jambes a des roulements inopinés5, ponctués de grincements baroques*. Les vieux dossiers tout autour de nous dans des cases voilées de toiles d'araignées, mêlent leur odeur de papier moisi au parfum collant des livres neufs: pommade poudreuse où nous nous engluons avec délices. Et les aventures passent, passent, portées par tous ces êtres merveilleux et terribles, qui ne cesseront désormais de nous accompagner, de grandir et de s'enrichir avec nous et pour nous, à mesure que se déroulera notre vie....

                                 I. Rivière. Images d'Alain FOURNIER. Émile Paul Frères, éditeurs.

Inopinés : imprévus.— Baroques : bizarres et comiques. — Ainsi s'engluent les oiseaux qui, les pattes prises dans la glu, sorte de colle tirée de l'écorce du houx, ne peuvent reprendre leur vol.

EXERCICES DE MÉMOIRE
  • Par quels livres les deux enfants commençaient-ils leur lecture ? les plus gros ou les plus petits ?
  • Combien les jeunes lecteurs disposent-ils de jeudis pour tout lire ? 
  • Donnez le titre célèbre d'un des prix du Certificat d’Études. 
  • « Deux où trois... » répondent-ils à leur mère. Combien de livres avaient-ils lus exactement ?

EXERCICES  DE RÉFLEXION 
  • Les trois images du texte, faites comme on les faisait à l'époque, se rapportent aux légendes indiquées dans le n° 2. Accordez images et légendes.
  • Le style ampoulé était, dit l'auteur, si remarquablement adapté à l'esprit des petits paysans. Vous sentez bien que cette expression est ironique. Quel est le mot qui la rend ironique? Remplacez-le par un autre qui, exprimant la vérité, dépouillera la phrase de son ironie. Pouvez-vous dire alors comment on peut rendre une phrase comique ?
  • Cherchez, dans la dernière partie du texte, des détails qui montrent combien peu les archives de la mairie étaient consultées.

CONCOURS DE LA MEILLEURE LECTURE
Puisque le style est ampoulé, que votre lecture soit emphatique. Adoptez donc le ton du plus solennel donneur de conseils.

vendredi 3 février 2012

exclamation

 
l'enfant "Regarde,
la voiture, elle a fondu sous la neige !"

jeudi 2 février 2012

sieste

il fallait se taire, 
on finissait par s'endormir,
puis chambre des parents,
un rire,
on se sentait seuls

mercredi 1 février 2012

nouveau-né

courir le fêter,
il en a pour quelques heures,
tous les mots sont de trop